Néant créatif

Depuis longtemps, quand dans ma formation philosophique universitaire j’ai rencontré la “Science de la Logique” hégélienne, j’ai trouvé dans son analyse de l’identité abstraite de l’ “être” et du “néant” ( de l’ “être pur” – sans caractéristique supplémentaire, et du “néant pur” sans caractéristique supplémentaire ) , une proximité avec ma propre conception.
En effet je considère qu’aussi longtemps qu’on n’a pas précisé un “quelque chose” ( de définissable, ou de “déterminable” ), la supposée “différence” radicale de l’ “être” et du “néant”, n’est en réalité qu’une différence des mots ( le mot “être” et le mot “néant” ne sont pas les mêmes mots et produisent ce préjugé commun que des mots différents désignent forcément des “choses” différentes.
Ou alors d’une très vague et confuse représentation de l’ “être” et du “néant”, résultant d’une généralisation de nos expériences habituelles de la “présence” et de l’ “absence” de “quelque chose”, en supposant que même si on ne parle d’aucune “chose” en particulier , il subsisterait cependant, a priori, une distinction entre “absence” et “présence” .
Je considère qu’une telle distinction a priori, considérée indépendamment de la supposition de “quelque chose” de définissable qui est considéré comme “absent” ou “présent” est en fait un pur préjugé d’ontologie dualiste, qui projette sur le réel nos outils simples de “catégorisation” de logique binaire.

Une façon d’aborder le sujet par Etienne Klein :
https://www.bnf.fr/fr/mediatheque/le-neant-est-il-creatif

Trois hypothèses pour une conscience future

L’objet de cet article est d’explorer les conditions d’une conscience organique future possible qui soit à la fois totalement consciente d’ “elle-même” et capable d’implémenter une pluralité de consciences distinctes, qui puissent, à partir des seules traces de “mémoires biographiques” réelles du passé ou imaginaires artificielles, produire ou reproduire des consciences personnelles numériquement identiques à leurs “modèles-mémoires” préalables.

Dans ce but, nous poserons trois hypothèses de base, dont la première, concernant le pouvoir d’un organisme-cerveau d’ être conscient, est la plus simple à comprendre dans le cadre des connaissances scientifiques actuelles.

La deuxième concerne la question spécifique des “mémoires biographiques”, comprenant des “traces” diverses permettant à une conscience au sens précédent de se représenter à elle-même comme continue dans le temps et/ou un jour “clonable” en conservant, pour chaque conscience “clonée”, le souvenir d’avoir été par le passé, une et une seule conscience identifiable également dans l’unicité numérique de référence objective d’un “organisme” localisé dans l’espace temps. Une telle hypothèse, actuellement seulement testable sous forme d’ “expérience de pensée”, ne pourra être effectivement testée, soit pour la confirmer, soit pour l’infirmer, que dans un futur qui demande encore un développement techno-scientifique important, bien que certains des éléments nécessaires à un tel test soient déjà partiellement présents dans la littérature scientifique actuelle.

La troisième hypothèse est la plus difficile à cerner dans le contexte scientifique ou de “métaphysique spontanée” des connaissances scientifiques actuelles sur la façon dont une conscience de soi individuée reconnait sa propre “identité numérique”.

1 L’Hypothèse 1 :
Cette hypothèse consiste à “naturaliser” entièrement la capacité générale pour une organisation matérielle physique de devenir “consciente” d’un certain nombre des aspects du réel de l’univers physique dont elle est une partie, et de devenir aussi consciente d’une différence entre une partie “extérieure” de son expérience du réel consciemment “perçu” et une partie de ce même réel constituant son “corps propre” .
Une telle organisation consciente peut enfin acquérir la capacité réflexive par laquelle la conscience peut se faire elle-même “objet” de son attention :
Non seulement la “conscience du soi corporel”, ( dont de nombreuses espèces animales semblent capables : test du miroir ), mais une conscience de sa propre conscience, qui suppose sans doute l’intermédiation d’une “pensée – langage”, dont la présence chez certaines autres espèces animales que l’ homme n’est pas encore clairement attestée ( dans la mesure où il faudrait pouvoir “parler” avec d’autres animaux que nous mêmes de ce qu’ils sont en train de penser et de ce qu’ils imaginent eux-mêmes que nous pensons …
Il s’agit là de partager un monde de signification symboliques subjectives et notamment de positions “grammaticales” en “première personne” et pas seulement de partager la conscience d’un monde extérieur commun.

Peut importe les capacités spécifiques d’une conscience actuellement existante ou que nous pouvons imaginer comme plus puissante que les nôtres dans différents types d’organismes, notre “Hypothèse 1” consiste toujours à poser que ces capacités “extraordinaires” de la conscience ou de ses états possibles sont nécessairement “supportées” par une organisation physique matérielle dont la complexité d’interactions connectées produit nécessairement, dans certaines situations et configurations ce que nous appelons la “conscience de quelque chose” et assez rapidement alors, le “retour” réflexif de cette conscience se prenant elle-même pour “objet”.

Nous pouvons appeler cette Hypothèse 1, l’Hypothèse de la naturalité physique matérielle organisée des “capacités de la conscience”.

La conséquence essentielle de cette hypothèse, aujourd’hui largement admise dans les communautés scientifiques, est qu’il est possible d’ étudier scientifiquement les caractéristiques des phénomènes de la conscience, et d’en formuler des modèles explicatifs théoriques testables par des méthodes d’observation, d’expérimentation et de simulation, comme dans l’ ensemble des disciplines scientifiques. Avec en particulier le souci d’expliciter les liens entre le niveau global le plus complexe et les niveaux d’organisation physiques sous-jacents, aux différentes échelles de la complexité matérielle.

Il s’agit donc de poser que nous n’aurons plus aucun besoin de faire appel à des propriétés substantielles mystérieuses, soit d’une “substance pensante” ou “substance vivante”, différente de la matière organisée, soit de multiples “substances individuelles” du genre “âme” dont il faudrait imaginer l’ intervention séparée, supplémentaire par rapport à la complexité de l’organisation corporelle et notamment cérébrale.

Nous supposons donc, dans cette Hypothèse 1, qu’il est possible d’agir en retour sur la réalité physique complexe constituée par un “organisme conscient”, et que des modifications organisationnelles précises de ces interactions peuvent avoir des effets très importants sur la construction des dynamiques de la conscience., de même que les dynamiques de la conscience – constituées de dynamiques matérielles/énergétiques/informationnelles – peuvent rétroagir sur les niveaux d’organisation “inférieurs” , qu’ils soient externes ou internes à l’organisme conscient.

Les individualités que nous sommes,comme “personnes humaines conscientes”, même dans leur plus grande “singularité”, ne sont pas des “substances” métaphysiquement distinctes et/ou métaphysiquement articulées, mais des systèmes matériels organisés, dont les processus de base d’organisation et de capacité de “survie” dans leur environnement sont fondamentalement les mêmes.
Nous pouvons donc apprendre énormément sur notre propre fonctionnement “personnel” en comprenant scientifiquement de mieux en mieux comment en général les différents niveaux de complexité fonctionnent , chez les autres êtres humains, et de proche en proche, d’autres systèmes vivants organisés, ou d’autres dynamiques matérielles de systèmes complexes.

Les progrès d’une telle connaissance scientifique générale des systèmes complexes et de leurs diversités organisationnelle, peut donc servir de socle à notre réflexion sur toute “conscience future possible”, qui sera toujours elle-même une organisation matérielle, aux propriétés “émergentes” encore inconnues, mais dont les “ingrédients” et interactions fondamentales élémentaires seront les mêmes que ceux qui sont déjà utilisés dans les organisation physiques actuellement existantes dans l’Univers.
Et bien évidemment aussi, si la “réalité en soi” de ces “composants” est elle-même supposée stabilisée, par l’existence même de notre Univers physique , la connaissance que nous en avons est encore lacunaire et simpliste , et peut en particulier être révisée rétroactivement par ce que nous saurons des propriétés “émergentes” encore inconnues ou insoupçonnées de niveaux d’organisation de la matière dont nous n’avons pas encore actuellement l’expérience possible.

Le triangle dramatique sert de référent symbolique aux opposants à l’autonomie personnelle

Dans les controverses actuelles concernant la légalisation de l’aide active à mourir, les opposants à toute évolution de la loi dans le sens de la légalisation d’une aide active à mourir, n’ont de cesse à dénoncer la liberté et l’autonomie personnelle, en prétextant, d’une façon ou d’une autre, que l’autonomie personnelle et la liberté individuelle ne sont que des illusions.

La première figure mise en avant , comme prétexte, est qu’il existe de nombreuses “personnes vulnérables“, donc de supposées VICTIMES, actuelles ou futures, VICTIMES ( de la philosophie de l’autonomie personnelle … ) que ces opposants à la légalisation veulent protéger, et par rapport auxquelles ils se constituent donc en “SAUVEURS” . En dénonçant du même coup un pôle du triangle constitué de vilains “PERSÉCUTEURS” , mélange hétéroclite de “mondialisation capitaliste marchande”, d'”ultralibéralisme matérialiste et utilitariste”, et de “modernité universaliste arrogante et autosuffisante aveugle aux limites et à la finitude” , etc.

En mobilisant et en encourageant en fait dans les relations sociales le fameux “triangle dramatique de Karpman” , ces opposants veulent avant tout apporter la preuve qu’une autonomie personnelle responsable et capable de gérer en elle-même des conflits potentiels est impossible :
Autrement dit, pour ces opposants, il n’est pas possible d’être autonome , on est nécessairement – et si on ne l’ est pas … on doit le devenir – soit victime, soit persécuteur, soit sauveur … ou l’un après l’autre à tour de rôle.

Bien entendu, ces fameux opposants se présentent d’emblée comme des “Sauveurs” et il leur faut désigner des “Victimes” ( les “vulnérables” du discours des opposants ) , même si celles-ci ne se plaignent de rien … ( c’est justement ce en quoi elles sont alors des victimes inconscientes de leur propre situation de victime) , afin de pouvoir jouer le rôle du “sauveur” ( par exemple en imposant des “soins palliatifs” ).

Ce faisant, ces “sauveurs” auto-proclamés, pour pouvoir continuer à jouer leur jeu malsain, finissent par devenir eux-mêmes “persécuteurs” : il leur faut trouver un supposé persécuteur … à persécuter .

Manque de pot : les personnes authentiquement “autonomes et responsables” ne se disent victimes de personne ( sauf éventuellement d’un “réel” intrinsèquement irresponsable d’être ce qu’il est … ) : elles règlent leurs comptes par elles-mêmes avec des “persécuteurs” éventuels , et notamment avec des supposés “sauveurs” qui ne sont bientôt perçus que comme des harceleurs à la “bienfaisance” collante, baveuse et dominatrice …

En fait, sous prétexte d’entretenir les “liens sociaux” d’une “solidarité fraternelle” , ce groupe de “sauveurs” ne rêve que d’entretenir le jeu pervers du triangle dramatique en guise de “société” .

Le partage des rôles dans l’hypocrisie générale : ce sont les mêmes, idéologiquement parlant, dans une certaine droite conservatrice notamment, qui :

– d’un côté veulent justifier les inégalités de leurs privilèges ( et donc continuer leur domination d’exploiteurs en sachant pertinemment que ce faisant, ils créent ou amplifient les situations transformant en effet des personnes en “victimes” de leurs visées dominatrices )

– de l’autre côté, veulent donner l’apparence de leur “charité chrétienne” en venant au “bon secours” des “victimes” d’une situation qu’ils contribuent eux-mêmes à entretenir (“pompiers pyromanes”) .

Avec l’espoir que ces “victimes” viennent les remercier d’être venus à leur secours. Tout “bon prince” d’ancien régime se devait de protéger “la veuve et l’orphelin”. Mais en conservant autant que possible le système inégalitaire d’un tel “don charitable” …

Mais je vois d’ici les mines scandalisées de ceux qui se sentent ainsi visés:
Oh ! moi qui suis si attentif aux souffrances des vulnérables, et qui à tout instant cherche à leur tenir la main … . Certes il se peut que j’y trouve un certain plaisir, mais je ne suis moi-même qu’un pauvre pécheur …. vulnérable :
Si je suis responsable du moindre harcèlement charitable, voyez en moi une autre “victime” , de façon à ce que je puisse continuer tranquillement mon rôle de “sauveur” des opprimés …

Tous victimes … ( depuis un certain “péché originel” sans doute ) …
donc tous bourreaux persécuteurs éventuels, d’avance “justifiés” par leur volonté de “sauver les autres et eux-mêmes” …
Faites tourner le “triangle dramatique” comme la “Roue de la Fortune” ou de la “volonté divine” … ( le grand “Père” … sécuteur )

Mais je n’invente rien en dénonçant ce type d’hypocrisie :
Ce sont les “paroles” mêmes de références sacrées que cette même classe prétend connaître : “Pharisiens hypocrites … sépulcres blanchis …”, mais que, précisément, ils ne peuvent pas entendre …





La “crise démocratique” et un nouveau partage des compétences entre l’ordre “politique” et l’ordre “juridique”

Comme point de départ de ce questionnement, un récent article de Jean-François Collin dans A.O.C. :


La CEDH, un arrêt historique ou illégitime ?

Par Jean-François Collin Haut fonctionnaire

L’arrêt par lequel la Cour européenne des droits de l’homme vient de condamner la Suisse pour l’insuffisance de son action contre le changement climatique a été unanimement salué comme une décision historique par les médias. C’est assurément la cas mais pas pour les raisons qu’on croit : cette décision s’avère un véritable coup de force démocratique, qui vient remettre en question la séparation des pouvoirs.

Jean-François Collin y remet en question la légitimité de certaines décisions de la CEDH, ici l’exemple de l’arrêt du 9 avril 2024 “relatif à l’affaire « Verein Klimaseniorerinnen et autres c. Suisse », condamnant la Suisse pour l’insuffisance de son action contre le changement climatique. La Suisse est, en l’occurrence, condamnée à payer 80 000€ à l’association qui a initié la procédure devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Cet exemple permet de se reposer la question de la “légitimité démocratique”” respective des décisions “politiques” prises par les États, au nom de la “souveraineté des peuples” dont ils sont les représentants légaux ( Parlements au niveau du “pouvoir législatif”, gouvernements au niveau du “pouvoir exécutif ” ) et d’autre part des décisions judiciaires prises par les juridictions supra-nationales ( comme ici la Cour Européenne des Droits de l’ Homme ).

Il s’agit ici notamment de l’usage qui est fait par la CEDH , en diverses situations, de l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’ Homme.
( Voir le Guide sur l’ article 8 )

Dans cet article de Jean-François Collin nous avons un exemple typique de la querelle actuelle concernant la “légitimité démocratique”, et la question reposée de la “souveraineté” , en particulier des différentes formes et niveaux de la “souveraineté collective”, et donc de l’ instance “ultime” de décision “souveraine”.

Mais “QUI” décide de la”légitimité” de l’ instance souveraine “ultime” …
sinon, par définition même de la “souveraineté” , cette instance “souveraine” elle-même ?
Dans une définition courante de la “démocratie”, c’est le “peuple” qui est “souverain”. Comment un tel “démos” se définit-il lui-même comme “souverain” ? QUI lui attribue ou lui reconnait cette “souveraineté”, sinon chacun de ses membres “citoyens” ?


Mais chaque “citoyen” peut se penser “citoyen” à différents niveaux, depuis un “collectif citoyen” d’intérêt local ou lié à un projet politique particulier, jusqu’à la prétention d’être “citoyen du monde”, à une échelle de l’humanité globale où la différence entre la “citoyen” et la “personne humaine” s’estompe …

Je ( Armand Stroh ), considère que c’est la “personne humaine”, en tant qu’elle se veut “libre et égale” à d’autres personnes humaines , qui est “souverainement souveraine” … sur elle-même et seulement sur elle-même.

Cette prise de position et de décision autonome et autodéterminée, certes ne contient, par définition, en elle-même, aucune “reconnaissance” obligatoire ou légitimement exigible d’une telle “souveraineté de la personne libre et égale sur elle-même, ni par les autres “personnes”, ni par une quelconque instance collective qui serait “sommée” de procéder à une telle reconnaissance …
En toute logique dérivée de ma décision personnelle, je considère donc qu’une telle “reconnaissancePEUT être réciproquement établie, pour autant et seulement pour autant, qu’il existe d’autres personnes que moi-même qui font ce même libre choix de “souveraineté” radicale ( “à la racine” ) sur elles-mêmes, et ne cherchent d’aucune façon à étendre cette souveraineté personnelle aux domaines de souveraineté propres aux autres personnes.

Mu-tu – ELLE, mutualismes et mutuellisme

Il y a certainement au moins une certaine proximité de la proposition d’ “Égale Liberté Libre Égalité” avec une certaine tradition de “socialisme libertaire” en général référée à Proudhon et notamment au “mutuellisme” .

Je ne prétendrai jamais que ma Proposition de l’ “Égale Liberté Libre Égalité” n’ ait aucune correspondance avec diverses pensées du passé ! Je prétends simplement qu’il faut rester prudent si on cherche à réduire ma proposition strictement à telle ou telle proposition théorique, éthique ou politique du passé.

Le simple fait que je réutilise pour ma formule “Égale Liberté Libre Égalité”, des termes de la langue ( Liberté, Égalité ) évidemment depuis longtemps connus et travaillés par la nombreuse cohorte des locuteurs et des penseurs qui ont pu s’en servir pour énoncer leurs propres idées philosophiques ou politiques, montre suffisamment que ma reformulation spécifique présuppose et mobilise tout un passé de réflexion, de controverses, de réinterprétations éventuellement contradictoires de ces termes .

“Une partie de cette histoire des idées se joue probablement, à l’issue du “siècle des Lumières”, tout au long du XIX ème siècle, dans toute la réflexion “dialectique” des différents “courants” de la “gauche”, et de leurs péripéties historiques diverses … dont les tensions intrinsèques se retrouvent dans les débats politiques et sociétaux actuels.

Cependant je considère aussi que l’histoire ne se répète pas purement et simplement, et que les ressemblances entre problématiques actuelles et problématiques du passé ne signifient pas forcément une identité des problèmes et encore moins une identité des “solutions” à imaginer pour ces problèmes.

Si donc certaines propositions du “mutuellisme” de Proudhon peuvent paraître proches de ce que j’énonce comme “Mu-Tu-ELLE”, et bien que Proudhon lui-même ait cherché à distinguer entre deux formes de la propriété privée, l’une comme illégitime à ses yeux ( d’où la fameuse expression : “La propriété c’est le vol“) et l’autre qu’il appelle “possession” qu’il considère comme légitime, je n’irai jamais jusqu’à répéter simplement une telle formule “la propriété c’est le vol” , car elle risque toujours d’être interprétée comme signifiant la disparition nécessaire de toute “propriété privée” au profit d’une “propriété collective” :

Remarque : si c’est la “propriété” en général qui est un “vol” , les libertariens de droite auront vite fait de considérer que toute propriété collective “communiste” ou “étatique” , etc. est encore beaucoup plus un “vol”, que la distribution fragmentée et aléatoire des “propriétés privées” par les mécanismes du “marché”.

Mon jeu phonétique sur Mu-Tu-ELLE, bien que purement anecdotique mais éventuellement exploitable pour quelque sérendipité poïétique ( comme d’ailleurs l’acronyme ELLE lui-même ) , met bien sûr en scène phonétique un “Mu” et un “Tu” dont il est facile d’ entendre la proximité du “Moi” et du “Toi”, dont la “mutuelle” reconnaissance , de moi à toi comme de toi à moi, institue le contrat d’ ELLE.
Par ailleurs, le “Mu” et le “Tu” peuvent aussi se lire et s’entendre comme étant à la fois “mu” et “tu” , donc un mouvement ( “mu” ) qui s’effectue “en silence”
( “tu” ) , et ne fait donc qu’un battement d’ailes d’ ELLE presque imperceptible, murmure de l’effet des fées où pourtant les faits sont faits.
Ainsi donc, libellule lue belle île, ailes invisibles de quelques demoiselles

“Une partie de cette histoire des idées se joue probablement, à l’issue du “siècle des Lumières”, tout au long du XIX ème siècle, dans toute la réflexion “dialectique” des différents “courants” de la “gauche”, et de leurs péripéties historiques diverses … dont les tensions intrinsèques se retrouvent dans les débats politiques et sociétaux actuels.

Cependant je considère aussi que l’histoire ne se répète pas purement et simplement, et que les ressemblances entre problématiques actuelles et problématiques du passé ne signifient pas forcément une identité des problèmes et encore moins une identité des “solutions” à imaginer pour ces problèmes.

Si donc certaines propositions du “mutuellisme” de Proudhon peuvent paraître proches de ce que j’énonce comme “Mu-Tu-ELLE”, et bien que Proudhon lui-même ait cherché à distinguer entre deux formes de la propriété privée, l’une comme illégitime à ses yeux ( d’où la fameuse expression : “La propriété c’est le vol“) et l’autre qu’il appelle “possession” qu’il considère comme légitime, je n’irai jamais jusqu’à répéter simplement une telle formule “la propriété c’est le vol” , car elle risque toujours d’être interprétée comme signifiant la disparition nécessaire de toute “propriété privée” au profit d’une “propriété collective” :

Remarque : si c’est la “propriété” en général qui est un “vol” , les libertariens de droite auront vite fait de considérer que toute propriété collective “communiste” ou “étatique” , etc. est encore beaucoup plus un “vol”, que la distribution fragmentée et aléatoire des “propriétés privées” par les mécanismes du “marché”.

Mon jeu phonétique sur Mu-Tu-ELLE, bien que purement anecdotique mais éventuellement exploitable pour quelque sérendipité poïétique ( comme d’ailleurs l’acronyme ELLE lui-même ) , met bien sûr en scène phonétique un “Mu” et un “Tu” dont il est facile d’ entendre la proximité du “Moi” et du “Toi”, dont la “mutuelle” reconnaissance , de moi à toi comme de toi à moi, institue le contrat d’ ELLE.
Par ailleurs, le “Mu” et le “Tu” peuvent aussi se lire et s’entendre comme étant à la fois “mu” et “tu” , donc un mouvement ( “mu” ) qui s’effectue “en silence”

Egalibertaires de tous les pays, unissez-vous … en toute liberté

On reconnaitra dans la mise en forme du titre de cet article, le célèbre “Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !” repris dans le Manifeste du parti communiste de Marx et Engels.

Mais on remarquera immédiatement, que les “égalibertaires” viennent s’y substituer aux “prolétaires”, et surtout que l’ “appel à l’unité” est immédiatement rééquilibré dans ce qu’il pourrait avoir d’autoritaire ou d’ impératif par ” … en toute liberté” .
La liberté “collective” définie comme “Égale Liberté” n’y est donc proposée que sous la condition réciproque de la “Libre Égalité” des “Librégalitaires”.

Le “P.E.U.P.L.E.” dont NouS parlons est donc formé de “Personnes Libres et Égales” qui se choisissent réciproquement comme Mu-Tu-ELLE des ” Egalibertaires Librégalitaires” qui, par ce contrat moral nouveau, ne renonceront jamais, ni à la possibilité de leur action unitaire future possible, ni à la liberté personnelle radicale de leur adhésion à un tel idéal commun.

Kant : Liberté et loi morale

https://www.cairn.info/revue-communio-2017-6-page-77.htm

Extrait :

“Jusqu’ici, la Critique de la raison pratique étaye parfaitement la thèse théologique et anthropologique des Propos de pédagogie. À travers l’analyse de la loi morale, Kant parvient à montrer l’effectivité de la liberté, tout en maintenant un écart originaire entre la liberté et l’autonomie. Il y a toutefois une différence fondamentale entre les deux ouvrages, qui réside dans la manière de concevoir le processus d’autonomisation de la liberté : alors que les Propos de pédagogie en décrivent les modalités pratiques et historiques, la Critique de la raison pratique essaie de résoudre le problème sur le plan systématique et analytique. L’enjeu des deux textes est certes le même : appréhender le processus d’autonomisation de la liberté à partir de la liberté elle-même, afin d’éviter toute reconduction de ce processus à l’ordre de la nécessité naturelle. Mais les solutions diffèrent, dans la mesure où la Critique de la raison pratique privilégie une autonomisation déterminée par une « liberté pure » (sa motivation étant purement transcendantale [15][15]Nous ne minimisons pas le rôle du respect de la loi morale dans…), tandis que les Propos de pédagogie mettent au jour ses motivations empiriques à travers l’expérience éducative.

Cent sons pour Délila

Pourquoi “Cent sons” ?
Car cela peut aussi bien “sans tendre” “sans son” en se demandant de quel sang sont ces sansonnets.
Les mots filent ( de quel sanglant sans gland ? ) de sens en sons, parfois sûrement censurés …

Pour en revenir à “Délila” ou encore entendue en temps dus comme “Délie là !” ou comme “Délits las des lits las”, si las de l’entendre ou de l’attendre, vous désirez la voir à défaut de l’avoir ou de lavoir, voici donc son lieu de naissance :

Mais demanderez-vous sans doute, d’où sort cette image ?
Quelle est sa part de prélèvement ” “ready made” du réel et quelle est sa part de construction arti-fictive ? et surtout, pour dire QUOI ? à QUI ? de la part de QUI ?
( Un QUI pro QUO est en général un QUI mono, dont l’auteur s’auto-taurise )

Le contexte général en a été, ( l’ “été sec” de 2005 aidant ), au printemps 2005 une activité “intermédiaire” de formation à l’antenne de Chaumont de l’ IUFM de Reims, et notamment une installation singulière ( mieux nommée “instabulation” ) dans une salle dédiée ( appelée “Salle C” comme “Culture” ou “Communication”, ou … simplement du fait qu’ après A et B, vint C ) :
Cette instabulation réalisée par la collaboration de Vincent Cordebard, de Philippe Agostini et de quelques autres “dé-formateurs” avait comme titre général :”De l’Art d’Escalader l’Everest“.

Ce titre n’avait bien entendu qu’un lointain rapport avec le “toit de la terre” du massif Himalayen : il s’agit, d’un “Everest” purement métaphorique où la question pouvait être :” Est-ce qu’à Lade l’ EVE reste ?”

De quelle EVE le rêve de relève était-il ainsi révélé ?

L’auteur principal de cette escalade – escapade verbale, Vincent Cordebard, se plaisait à parler de “Rêvalités nouvelles“, dans un contexte général de crise de signification de l’activité artistique te de la “culture” en général, mais aussi d’une supposée “pédagogie” de l’art à l’école et donc du questionnement des contextes de “formation” à une telle pédagogie ( tout ceci se produisait dans les lieux d’un Centre “IUFM” ) , aussi bien en formation initiale qu’en formation continue des professeurs d’école.
A cette époque, certains stages pouvaient ainsi s’intituler : “Qu’est-ce que l’ art ultra-contemporain ?”, etc. en comportant toujours nécessairement une part de mise en situation “expérimentale” des “stagiaires” … et de l’ en-cadre-ment “dé-formateur”.

Mais je reviens plutôt au prétexte que j’ai trouvé à l’époque dans ce contexte, qui était aussi par ailleurs un contexte politique particulier ( Référendum de 2005 dont la dimension “démocratique” allait par la suite faire couler beaucoup d’encre … ) et pour moi-même aussi, pour d’autres raisons, le contexte de la “première loi Léonetti” sur la fin de vie.

D’autre part, comme élément contextuel aussi de cette époque, le développement des questionnements à la fois culturels et artistiques, mais aussi pédagogiques sur l’usage des “nouvelles technologies” ou des “TICE”, comme on les nommait alors, et où nous avions formé une petite “équipe” ( Équipe des “Quips” ) de réflexion et de pratique de certains “outils” naissants de mise en réseau collaborative à distance pour de telles expérimentations “pédago-ticiennes”. L’été 2005, que nous avons appelé “L’été sec”, a été aussi l’occasion d’une poursuite de correspondances par mail vacancières, mêlant des fictions “littéraires” et “iconiques” diverses.

Le dispositif scénique de l’instabulation “De l’ Art d’Escalader l’Everest” a résulté d’une réorganisation spatiale, par Vincent Cordebard, d’éléments hétéroclites de toutes sortes déjà produits dans le cadre de stages de formation antérieurs et dont il s’agissait, en quelque sorte de “relever” te de révéler les “restes”, une sorte de grande opération de “recyclage” à la fois matérielle, mais aussi conceptuelle et surtout symbolique, dans la mesure où y étaient convoqués aussi de très anciens éléments mythologiques, dont notamment celui du Minotaure et de Pasiphae, dans une atmosphère générale d’ “étrange familiarité” où toutes sortes de liens possibles se faisaient écho.
L’ensemble du dispositif scénique, centré en “Salle C”, débordait en fait, à la fois dans le couloir en “enfilade” ( Amphi-Lade ) et jusque dans les “escaliers” menant à d’autres étages ( escalade donc de l’ escalade … )





20 05 2005 et 20 02 2020

Ces dates, assez faciles à retenir, pour des raisons de “symétrie” de leurs écritures, je les ai également choisies comme repérages d’ “évènements” symboliquement importants dans mon propre parcours esthético-philosophique.

J’ai appris récemment qu’en plus des nombreuses coïncidences esthétiques dont la date du 20 05 2005 s’est chargée pour moi, il s’agissait aussi de la date de la mort de Paul Ricoeur .
Je ne me rappelle plus d’avoir éventuellement entendu à l’époque dans l’ actualité médiatique l’annonce de sa mort. Il est vrai que je n’ai pas eu jusqu’à présent, de résonance particulière explicite avec la pensée de Paul Ricoeur.