La philosophie, auto-justification d’ elle-même

Lecture de départ possible :

L’automatisation de la philosophie ou le jeu de l’induction,
( Traduction française pdf academia.edu)
d’ Anna Longo

Cette question est à rapprocher de la question générale des boucles récursives d’ auto-référence, qui explorent leur environnement extérieur tout en devant assurer en permanence leur auto-réplicabilité.

Voir aussi un article dans AOC de la même philosophe :
Le Métavers : réalisation ou trahison du rêve réactionnaire ?

Et , toujours dans AOC :
Le jeu de la vérité

Idixa et l’Orloeuvre

Qui est le scripteur de l’ Orloeuvre ?

https://www.idixa.net/Pixa/pagixa-0603062350.html

Un renvoi à ces renvois concernant la « Loi Morale » :


[ Derrida, la loi, le droit ]

« La loi de la loi, c’est qu’elle doit être sans histoire, sans genèse, sans origine, sans dérivation possible, elle ne doit donner lieu à aucun récit« 

GalGal, l’éGaL LeGaL ….

 » Les corps, disloqués, s’exposent  » , VOIR

Ainsi, récemment « disloqués » en cette année 2021,
Jean-Luc Nancy et Vincent Cordebard ,
que j’ai pu connaître, chacun en d’autres temps,
et qui se sont eux-mêmes rencontrés autour de leur état de « greffé » .

Chacun à sa façon, a sans doute participé à l’écriture de tel ou tel méandre dans la ribambelle de mes élucubrations.
( « In mes morts I AM » dit un fragment de « Mes Moires » )


ELLE et l’ « universalisation » de la loi morale kantienne

La « loi morale » kantienne repose sur un principe d’universalisation possible de la « maxime » d’une action.

On sait que son « impératif catégorique » a été formulé de plusieurs façons par Kant , énoncés ainsi sur Wikipédia :

  • « Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu puisses vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle. » (IIe section, IV, 421, in Œuvres philosophiques, t. II, éd. F. Alquié, Gallimard, Pléiade, 1985, p. 285), parfois résumé par « Agis de telle sorte que le principe de ton action puisse être érigée en loi universelle ».
  • « Agis de façon telle que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans toute autre, toujours en même temps comme fin, et jamais simplement comme moyen. »
  • « L’idée de la volonté de tout être raisonnable conçue comme volonté instituant une législation universelle.  »
  • « Agis selon les maximes d’un membre qui légifère universellement en vue d’un règne des fins simplement possible. »

Une analyse critique intéressante des limites du critère d ‘universalisation tel qu’il est pensé par Kant peut être trouvée dans cet article de Luc Langlois :
« Impératif catégorique, principe de généralisation et situation d’action »
( Langlois Luc, « Impératif catégorique, principe de généralisation et situation d’action », Cités, 2004/3 (n° 19), p. 153-171. DOI : 10.3917/cite.019.0153. URL : https://www.cairn.info/revue-cites-2004-3-page-153.htm )

Je partage un certain nombre des remarques critiques faites à ce sujet par Luc Langlois. De même le rapprochement avec la discussion de la Théorie de la Justice de Rawls ou la question de la substitution à la référence kantienne de la « verticalité » entre monde intelligible et monde sensible, de la dimension « horizontale » du dialogue dans l’ « éthique de la discussion » de type Jürgen Habermas et Karl-Otto Apel .
( Voir la deuxième partie du texte de Luc Langlois )

Cependant, pour ma part, je n’accepte pas de dissoudre la question « morale » , dans celle de la « solidarité humaniste » :
« Suivant cette hypothèse, le moment d’universalité de la morale ne peut en dernière analyse reposer que sur une exigence absolue d’humanité, telle qu’elle se manifeste au premier chef à travers l’expérience du mal, de la souffrance et de l’injustice, en s’identifiant en fin de compte aux structures profondes de la réciprocité et de la coexistence humaines [30][30]Ibid., p. 139-140.« 

En effet, s’il n’y a pas de recours possible à un « monde intelligible » de la « raison pure » ( « verticalité » ), il est, pour moi,tout aussi illusoire de prétendre que « l’universalisation possible » puisse être « fondée » sur une supposée « unité anthropologique » qui échapperait elle-même non seulement au pluralisme des cultures et des subjectivités individuelles ou collectives « situées », mais serait plus « originaire » que la volonté consciente des personnes.

C’est bien la raison pour laquelle c’est à l’ idée et à l’ idéal de Liberté lui-même qu’il est possible de recourir, dont rien ne présuppose qu’il doive être obligatoirement seulement « humain », ni restreint et « encadré » par une quelconque considération de stabilité des espèces biologiques « humaines », ni de supposées « structures anthropologiques » qui ne font que reconstituer le recours au « transcendantal » ou à l’ « originaire phénoménologique » .

La tentative de trouver une « transcendance immanente » ou une « verticalité horizontale » ne peut, selon moi, résulter que de la libre volonté « immanente » d’un certain nombre suffisant de personnes qui se donnent à elles-mêmes un tel Idéal commun , mais un Idéal qui ne préexiste ni dans un « monde intelligible platonicien », ni dans une « structure anthropologique dialogique » , qui est encore une fois une façon de prétendre « obliger » des personnes à se soumettre à un « ordre hétéronome » qu’elles n’auraient pas elles-mêmes explicitement choisi, de façon à prétendre leur éviter d’avoir à créer la Loi elle-même à laquelle on prétend cependant qu’ils « doivent » se soumettre … en toute liberté.
( Rappelons que toute loi « morale » présuppose l’autonomie de la volonté et la liberté de la conscience, sans laquelle la « soumission » de la personne à la loi ne serait que la résultante d’un état de fait « empirique » , résultant en fin de compte d’un « rapport de forces » violent, intrinsèquement condamné comme « immoral » par la « loi morale » elle-même dont on souhaiterait la libre adoption … )

En conséquence, rien d’autre que la libre volonté de chaque personne qui choisit librement son « égalité devant la loi » ( « Libre Égalité » ) avec d’ autres personnes en se donnant elles-mêmes réciproquement une telle « Égale Liberté », ne peut désormais me « convaincre » de participer fondamentalement à un quelconque « destin commun », dont le caractère « désintéressé » ou « moral » supposé me paraîtra toujours suspect d’une hypocrisie sous-jacente.
« NouS » n’avons besoin que d’une « universalité restreinte » … à toutes les « personnes libres et égales » faisant également librement le choix d’ être « libres et égales ».

Quant à Vous … en conséquence, c’est « Vous qui voyez » .

Contractu – ELLE Mutu – ELLE

En un certain sens, il est possible de classer ma Proposition de l’ « Égale Liberté Libre Égalité », parmi les conceptions « contractualistes » du lien « éthico-socio-juridico-politique » .

La proximité relative de cette conception avec celle de Rawls, évidemment bien plus qu’avec des philosophies politiques alternatives comme l’ « utilitarisme » ou le « communautarisme », présuppose comme chez Rawls un « ordre de priorité », en termes de valeur, de la liberté individuelle sur les contraintes sociales ou les obligations, « communautaires » et ceci indépendamment de toute considération « factuelle » ou historique .

Mais, comme on l’aura compris, la valeur de cette « liberté individuelle » vient du fait qu’elle PEUT être partagée, par de très nombreuses personnes individuelles réelles, du moment qu’elles en viennent à se considérer mutuellement, réciproquement, comme des « personnes libres et égales ».

Mais rien, dans ma conception, distincte en cela de celle de Rawls ( et de tout « universalisme kantien » ) , rien n’ « oblige » a priori les « êtres humains » individuels réels, à se considérer ainsi eux-mêmes et/ou à considérer d’autres « êtres humains » ou encore d’autres organismes vivants de cette façon.

C’est précisément leur LIBRE DÉCISION seule qui « justifie » en fin de compte la valeur que ces personnes accordent à un tel contrat commun d’ « Égale Liberté« .
Et c’est précisément dans la mesure où chacun des « contractants » sait et accepte que cette valeur résulte précisément de la valeur propre de sa propre liberté, et qu’il considère que d’autres PEUVENT tout à fait prendre la MÊME LIBRE DÉCISION, que ce contrat très particulier d’ Égale Liberté, distingue le type de « communauté juridico-politique » qu’il peut contribuer à « constituer », de toute autre forme de « communautarisme » basé sur des identités collectives ethniques, historiques, sociales, culturelles, etc. préalables.

C’est en effet aussi de cette façon que, comme le fait la « Théorie de la Justice » de Rawls, ce contrat spécifique d’ « Égale Liberté » distingue la notion de « justice » de toute autre conception du « Bien », dont je partage avec Rawls le « pluralisme ».

ELLE et le « libertarisme »

Rappelons que la proposition fondamentale que nous formulons est celle de l’ « Égale Liberté Libre Égalité », qui institue un lien réciproque entre les deux membres de cette proposition, à savoir l’ « Égale Liberté » et la « Libre Égalité ».

Remarque :
En tant que proposition énoncée dans un langage et plus particulièrement le langage « philosophique » et dans une version énoncée en langue française , il s’ agit donc d’un rapport entre des « idées », des « concepts » et des « valeurs idéales », évidemment « formels » en ce sens que toute formulation dans le langage consiste en une mise en forme langagière et linguistique dont les liens avec le « réel » sont indirects à travers cette médiation linguistique.

C’est seulement en un deuxième temps qu’on peut se demander quels sont les « effets réels » dans d’autres secteurs ou dimensions de la vie humaine que le seul échange linguistique de la « conversation philosophique », des distinctions philosophiques conceptuelles établies dans et par ces compositions ou constructions langagières et communicationnelles.

Certains peuvent donc se poser à juste titre la question de savoir s’il n’y a pas beaucoup plus de distance entre les pratiques humaines « réelles », individuelles ou sociales des êtres humains réels ou du moins de la grande majorité d’ entre eux et ce que les « théories de philosophie politique » peuvent prétendre en DIRE , et d’autre part les distances internes supposées entre ces « théories de philosophie politique » elles-mêmes à l’intérieur du champ « disciplinaire » de la philosophie politique … Et ceci d’autant plus qu’elles font l’objet de « spéculations philosophiques savantes », entre un petit nombre de « spécialistes » appartenant tous à une forme de connivence culturelle commune, assurés d’un minimum de confort d’ « intellectuel universitaire ».

Nous ne nous posons pas pour le moment, dans cet article, la question de tels effets réels ( psychologiques, culturels, sociologiques, politiques, juridiques, etc. ) différents que pourrait avoir notre propre proposition « ELLE » par rapport à celles qui marquent la diversité bien connues et documentée des « théories de philosophie politique ». Par exemple de l’effet possible sur les prises de position politiques ou les tentatives de justification sociale et morale des actions réelles des uns et des autres.

Dans un premier temps, on peut simplement s’en tenir aux différences « conceptuelles » ou « théoriques » qui peuvent être exprimées en termes linguistiques entre ma propre proposition « Égale Liberté Libre Égalité » et tout l’ éventail des multiples « philosophies politiques » traditionnellement » envisagées dans un cours d’ « introduction à la philosophie politique » ou dans diverses formes de « vulgarisation » de ces théories.

Bref, en quoi ma proposition est-elle proche ou éloignée d’une position « libertarienne », d’une position communautarienne », d’une position « libérale », d’une position « rawlsienne », d’une position « marxiste », etc …

J’ai déjà à plusieurs reprises signalé une certaine parenté avec le point de vue de Rawls, en particulier en ce qui concerne l’usage d’une expression comme « Égale Liberté« .

Mais certains verront dans mon usage de la « Libre Égalité », une proximité avec la pensée « libertarienne ». Cependant, de même que toute assimilation rapide de mon usage de l’expression « Égale Liberté » avec la philosophie politique de Rawls et son « Principe d’Égale Liberté », serait trop grossière, de même toute assimilation du rôle fondamental de la « Libre Égalité » avec une position de philosophie politique « libertarienne » serait également erronée.

Je répète donc ici que je n’ai aucune prétention à développer une « théorie de philosophie politique » qui voudrait entrer en concurrence avec celles qui existent et dont les présupposés communs sont qu’elles pensent toutes énoncer une certaine forme de prétention à la « vérité », et donc se battent entre elles à coup d' »arguments » prétendant affaiblir ou même éliminer les positions adverses sur ce « terrain de jeu » de la philosophie politique.

Ma position constante est plutôt de dire que le terrain de la « philosophie politique » n’est guère plus consistant en matière de « vérité » possible, que celui de bien d’autres domaines de débats et d’argumentations philosophiques, comme par exemple la « métaphysique » ou l’ « ontologie », ou tout domaine « philosophique » où ce sont surtout des convictions idéologiques distinctes qui s’affrontent. Et ceci d autant plus que les différentes « philosophies politiques » sont instrumentalisées par des combats proprement « politiques », soit pour donner une vraisemblance théorique à ses propres opinions politiques, soit pour caricaturer celles des adversaires..
( Ainsi : « libéral » et encore plus « libertarien » sont des adjectifs destinés – dans une certaine gauche française – à dévaloriser toute position défendant la liberté individuelle, y compris de « penser par soi-même » … sous prétexte que toute pensée a des dimensions fortement « socialisées » … )

Revenons à notre question initiale de cet article :

Proposer la valeur de la « Libre Égalité » est-il une position « libertarienne » ?
NON, si par « libertarisme » on entend une position qui chercherait à considérer qu’il existe un « droit naturel » à une liberté individuelle fondamentale reconnue « en droit » … par « tous les autres » , ou par « tous les êtres humains ».

Car bien sûr, tout un aspect de ma proposition, et notamment la notion de « Libre Égalité » , vise à se passer de toute référence à un « droit naturel », en ce sens qu’une telle expression est précisément posée comme contradictoire :
La conception du « Droit » est précisément « instituée » par une volonté consciente explicite. Alors que ce que nous pouvons appeler « naturel », est précisément tout ce qui se produit de facto, sans que personne, aucune « volonté » ( ni humaine, ni divine, ni de « dessein intelligent », ni « sociale collective », ni « animiste » , etc. ) n’ai à intervenir dans cette production « naturelle ».
Bien sûr il existe dans cette conception des « conditions physiques » d’ organisation de la matière grâce auxquelles des formes de « pensée » conscientes et volontaires peuvent « émerger » au terme de très longs processus évolutifs de ces organisations matérielles . Ce sont ces organisations complexes à la fois individuées et collectives qui en arrivent à se donner une représentation suffisamment « efficace » de leur propre « volonté » pour prendre conscience des conflits entre ces volontés et donc se poser la question d’une régulation de ces conflits AUTRE que la seule « auto-régulation » des processus spontanés de « co-opétition » dans les « écosystèmes » qui arrivent à « survivre ».
Une régulation précisément consciemment pensée et voulue à partir de systèmes « institués » volontairement dans le but de rendre compatibles des projets d’existence qui seraient « spontanément » et « naturellement » en « co-opétition » dans le pur prolongement de l ‘auto-organisation inconsciente de la « nature » ( ou de la « culture » dont la part de fonctionnement inconscient auto-organisé prolonge les processus évolutifs « biologiques » ).



Étienne Balibar et l’ « Egaliberté »

« La proposition de l’Egaliberté » est un texte-ouvrage d’ Étienne Balibar qui entre bien sûr en résonance ( puisque la raison résonne ) avec mes propres « propositions » non seulement au niveau des « idées » ou des « concepts » éventuellement « communs » , mais également, en partie, au raz de l’écriture, avec certaines inventions et interventions dans la langue, jusqu’au raz des mots et des lettres qui les composent.

Dans l’avant-propos de « Citoyen sujet et autres essais d’anthropologie philosophique » ( PUF 2011 ), pp. 17 à 22 , E. Balibar énonce une « considération de méthode » où il insiste sur son travail de lecture des textes, :
«  Je compare des textes entre eux, mais je ne discute pas des « oeuvres » au sens que donne à ce terme l’idéologie littéraire et universitaire, moins encore des « systèmes » ou des « tendances » dont les produits seraient représentatifs d’une idée. Je propose une relecture de la Deuxième Méditation et non du cartésianisme, de la Nouvelle Héloïse et non du Rousseauisme, …  »

Cette insistance sur l’identité des « signifiants » textuels plutôt que sur les interprétations floues et vaguement consensuelles que ces formulations textuelles peuvent évoquer chez les lecteurs, y compris spécialistes de philosophie ou de l’ « histoire des idées », à la fois m’intéresse, dans son attention méticuleuse à la « matérialité linguistique » où s’énoncent les propositions « philosophiques », mais en même temps ne correspond pas entièrement aux façons dont je considère moi-même les relations entre ma « philosophie du langage » et mon « langage de la philosophie ».

Cependant certains usages d’effets formels, notamment de symétrie et de réciprocité, peuvent être repérés, aussi bien dans certains textes de Balibar que dans la façon dont, totalement « consciemment » et « intentionnellement », j’utilise de tels effets littéraux formels dans mes propres « propositions », et bien évidemment singulièrement dans ma « maxime » centrale de l' »Égale Liberté Libre Égalité » et de son abréviation acronyme « ELLE ».

Le lecteur attentif « au raz de la lettre » ( … et des phonèmes : « Au raz » peut s’ en tendre « aura » pour un « orateur » ), pourra ainsi s’interroger sur la similarité formelle de « ELLE » avec l’abréviation « IWWI » que Balibar propose de la formulation hégélienne « Ich, das Wir, und Wir, das Ich ist« 
( Dans « Citoyen-Sujet » Chapitre 5 , section « Sujet en miroirs » , p.215 et s. ).

Et, en dehors de la simple coïncidence d’un tel tétragramme formel, il est facile au lecteur de s’apercevoir que le rapport de l’ Esprit et de la Lettre qui s’ Y énonce, s’ Y énonce comme un jeu entre des « pronoms personnels ».

Ainsi donc « une certaine « chaîne signifiante » marquée par d’autres énonciations de la personne comme sujet » ( p.215 ) se trouve donc Également et Librement ELaborée par différents scripteurs, mais revenant, en retour au moins partiellement conscient, sur leurs propres pratiques d’écriture.

ELLE, donc, est Également Librement l’ « Esprit de la Lettre et la Lettre de l’ Esprit » .

Etienne Balibar :
«  La phrase de Hegel ( que j’abrégerai à l’occasion en « IWWI » est, prise à la lettre, intraduisible ( comme on peut le vérifier aisément en examinant les tentatives de « traduction » en différentes langues, dont le français ). Cela tient à l’ exploitation qu’elle fait, au même titre que toute une tradition philosophique à laquelle on a donné le nom d’ idéalisme, de propriétés idiomatiques de la langue allemande qui concernent la syntaxe des pronoms personnels et notamment du pronom Ich … «